Mise à jour le 29/03/06
                  

MONDIALISATION PRÉHISTORIQUE

Les cartes qui changent l'histoire...

 

Recherches de  Enrique García BARTHE  
Email de l'auteur :   egbartheyahoo.com.ar

Traduction de Sylvie MOLERO

 



Communication présentée lors du IVème congrès argentin des américanistes
qui s'est tenu du 4 au 5 octobre 2001 à l'université d'El Salvador de Buenos Aires, Argentine.


Vespucci, une fraude ?

 

  L'existence des cartes précolombiennes est confirmée par la mappemonde de Waldseemüller de 1506-7, la plus importante des cartes de la découverte. Dans la vignette supérieure, nous pouvons voir deux personnages avec leur carte. L'un d'eux est Ptolémée mais c'est l'autre qui nous intéresse, car il nous présente une carte impossible pour l'époque, en particulier par le fait que l'Amérique y est montrée séparée de l'Asie et d'une manière si complète et si parfaite qu'à l'époque personne ne pouvait avoir ces connaissances.

  Le personnage en question n'a jamais parcouru ni découvert l'Amérique Centrale, l'Isthme de Panama et l'Océan Pacifique.

Vignette de la carte de Waldseemüller de 1506, Amerigo Vespucci avec sa carte

 

  La représentation parfaite de la Patagonie sur cette carte était impossible à cette époque car personne n'avait navigué ni parcouru cette zone dans sa totalité, pas même Américo Vespucci, l'autre personnage représenté, et qui ne dépassa pas le 25éme parallèle sud au Brésil. Américo, Amalrricus, Amérigo, Alberico, Américus, personnage controversé dont on connaît si mal les connaissances en matière de navigation, excepté ce dont il raconte lui-même, sans aucune modestie, au travers d'écrits douteux. Malgré sa fonction, aucun des documents qu'il a sûrement du rédiger pour la Casa de Contratacion n'a été conservé. On ne connaît que des copies de ses cartes.

  Plusieurs chercheurs, tel Vicente D. Sierra, se sont chargés de démontrer que le voyage de Vespucci et d'Hojeda entre 1497 et 1499 n'a jamais existé. En calculant les distances décrites par Vespucci lui-même lors du voyage réalisé en 1501-1502, il n'a de toutes façons pas dépassé les 25° sud de la côte sud-américaine ( au Brésil ), pour ensuite se diriger vers le sud-est, jusqu'au 50° probablement, et enfin retourner au Portugal sans repasser par les côtes sud-américaines. Son récit contredit ses lettres dans lesquelles il affirme avoir atteint le 32° parallèle sud le long de la côte ( en réalité 25° ). Il se contredit également dans une lettre, connue sous le nom de Mundus Novus, dans laquelle il reconnaît ne pas avoir vu de terre lors de sa navigation dans l'Atlantique sud, et dans une autre lettre, appelée Lettera, il ment et dit avoir suivi une côte sauvage pendant 20 lieues, sans plus jamais la mentionner ni chercher à y retourner pour confirmer sa découverte.

  Nous savons qu'il a été très loquace en ce qui concerne la description des côtes du Brésil contrairement aux côtes du sud sur lesquelles il se montre très discret dans les lettres envoyées à ses amis de Florence, évidemment il n'avait pas grand-chose à dire sur des lieux qu'il n'avait pas explorés.

  Certains ont essayé d'expliquer l'attitude hermétique de Vespucci en disant qu'il voulait garder secret son voyage hors de la juridiction portugaise. Mais s'il décide de rentrer au Portugal en avril 1502, comment a-t-il pu fournir ses données si rapidement au point que ses cartes furent publiées la même année, à moins qu'il n'y ait eu là aucun secret.

  Dire que Vespucci ment n'est pas une affirmation gratuite, c'est démontré par les cartes précolombiennes de 1440, 1448 et 1470 avec lesquelles on effectue un glissement qui situe l'île continent d'Australie, appelée alors Ile de Trivalla, dans l'Atlantique à l'ouest de l'Afrique, là où elle n'existait pas réellement.

  Et si le florentin ne s'est pas inspiré de ces cartes, il en avait sûrement une similaire en sa possession, ce qui lui donnait la certitude de l'existence des terres de Trivalla dans l'Atlantique sud. Il partit chercher ces terres au 25° sud des côtes sud-américaines, en direction du sud-est jusqu'au 50° sud dans l'Atlantique et bien qu'il n'ait rien trouvé, il s'empressa d'annoncer leur découverte dans sa " Lettera ", racontant qu'il avait longé une côte sauvage pendant 20 lieues alors que c'est impossible.

  Si l'on observe les cartes de 1440,1448 et 1470, nous constatons que l'île de Triballa ( Australie ) se trouve au sud-est de l'Amérique et à l'ouest de l'Afrique, telle qu'elle est décrite par Vespucci dans le récit de son voyage. Mais, ironie du sort, sa carte lui a joué un mauvais tour car aucune terre n'existait à cet endroit. Il s'est simplement fié à sa carte et a anticipé une découverte qu'il ne pouvait pas avoir faite. Fraude !

  Le fait troublant c'est qu'il ait soi-disant baptisé et réalisé des cartes des côtes de Patagonie alors qu'il n'a effectué ni baptême ni carte et n'a donné aucune indication de la position de cette côte sauvage qu'il dit avoir trouvée, afin de légitimer sa découverte.

  Les terres mentionnées ne figurent pas sur la vignette de la carte de Waldseemüller dans laquelle Vespucci apparaît avec sa carte, elles ne figurent pas non plus sur la carte de Pedro Apiano de 1521 où il est écrit dans le titre qu'elle a été faite avec les cartes de Tolomeo et de Vespucci.

Titre de la carte de Pedro Apiano de 1521

 

  En ce qui concerne les pseudos découvertes du florentin, je dois préciser que je suis en désaccord avec ceux qui disent que Cananea-Cananor a été déplacée vers le sud et que sa position réelle se trouve à 25 ° sur les côtes brésiliennes. J'affirme au contraire qu'elle a été déplacée vers le nord pour la mettre à la portée de Vespucci en la plaçant au 25° sud qui se trouve être le point le plus austral de son voyage le long de la côte sud-américaine avant de reprendre sa navigation en direction du sud-est. Mais comme nous le verrons, les historiens ne se doutaient pas que l'on découvrirait la preuve que la véritable Cananea se trouve beaucoup plus au sud au Chubut, à peu près au 43° sud telle qu'elle apparaît sur les cartes depuis 1502, avec une toponymie associée. De plus, l'existence de pierres taillées portant des écritures d'origine apparemment cananéenne complètent l'ensemble et nous permettent d'affirmer que le fleuve et le port de Cananea se trouvent au Chubut, à peu près aux 43° sud et non aux 25° où certains géographes ont continué à la placer dans leurs cartes, créant ainsi la coexistence de deux Cananea.

  D'autres ont admis l'emplacement exact de Cananea aux 43° et ont choisi d'allonger les voyages du Florentin le long des côtes sud-américaines pour la mettre à sa portée. Je ne suis pas du tout convaincu par l'argumentation défendue par R. Leviller et E. De Gandia pour prouver les voyages du Florentin en Patagonie et pour lui attribuer le baptême fictif de lieux qu'il n'avait pas explorés afin de justifier une toponymie tellement au sud pour l'époque et ainsi lui offrir la découverte et le baptême aux 35° sud du fleuve Jordan ( Rio de la Plata ) et de Cananea aux 43° sud le long de la côte de Patagonie.

  Il nous semble incroyable, tant à moi qu'à d'autres auteurs, que Vespucci ait baptisé des lieux aux Caraïbes avec des noms chinois et d'autres lieux dans le sud en Patagonie avec des noms sémitiques, en pleine période d'inquisition alors que les juifs étaient condamnés à la conversion ou à la mort en Espagne, et De Gandia demande de manière provocante, persuadé qu'il n'y a pas d'autre option, « si ce n'est pas le Florentin qui a donné ces noms, alors qui peut l'avoir fait ? ».

  R. Leviller et De Gandia attribuent le baptême de Paria et de Lariab ( Lamriab ) en 1497 au Mexique à Vespucci. Ils reconnaissent que ce sont des noms de villes chinoises et nous savons que la toponymie d'origine chinoise ou asiatique en Méso-Amérique est très répandue et n'est pas reliée à Vespucci.

  On peut en déduire et affirmer que ces noms étaient écrits sur les cartes précolombiennes, dont Vespucci possédait sûrement un exemplaire. La découverte de toute l'Amérique sur les cartes de 1440, 1448 et 1470 confirme cette hypothèse.

  L'histoire que nous connaissons nous dit que le Rio de la Plata fut découvert par Juan Dias de Solis en 1516 et qu'il fut baptisé sous le nom de Mar Dulce, puis qu'il fut rebaptisé sous le nom de Rio de la Plata, mais ces toponymies ne se trouvent pas sur les cartes antiques. Mais il apparaît sur presque toutes les cartes antiques réalisées par les principaux géographes européens pendant plus de trente ans dès 1502 sous le nom de Rio Jordan, 1502 Kunstmann II.

1504 Caneiro (Nicola Caveri)
1506 Waldseemüller Martin
1508 Ruysch Juan
1513 Waldseemüller Martin
1516 Waldseemüller Martin
1516 Découverte présumée par J. D. de Solis
1519 Maggiolo
1526 Castiglione
1529 Verrazano
1531 Oroncio Fineo
1533 Schöner J
1534 Rivero D. et Ramusio B.
1535 Globe doré à Paris

  En étudiant plus attentivement les cartes antiques on pourrait en ajouter d'autres à cette liste, mais je pense que de toute manière celles-ci sont suffisantes pour démontrer que le nom des lieux est antérieur à leur soi-disant découverte et que l'on a continué à les désigner ainsi par la suite.

  Certains cas ponctuels ont pu apparaître avec un nom différent, comme par exemple dans le cas de Diego Garcia, le Rio de Aos, où l'on a essayé d'écarter l'origine du nom Jordan, ou dans d'autres cas comme Rio de Solis ou San Cristobal et d'autres encore qui n'ont pas perduré.

  La démonstration de cette hypothèse contre Vespucci montre que les noms des fleuves du bassin de Plata, où nous savons qu'il ne s'est pas rendu, rejoignent dans leur sens précolombien celui du fleuve Jordan, c'est-à-dire qu'ils étaient déjà baptisés et que ces noms ont seulement été adoptés lors de la conquête et n'ont pas été donnés par Vespucci.

  Le fleuve Parana était appelé " Rio Pity " en langue indigène, ce qui en grec et en phénicien signifie pin en référence au pin Parana ou pin du Brésil qui abonde en ces lieux ( voir l'île Pityusa en méditerranée qui est l'île des Pins ) ; Le fleuve " Teuco " ou plutôt " Teucho " ( terme grec pour volume-livre ) comme l'appellent les indigènes fait allusion au Pentateuque, les cinq livres des Textes Sacrés de l'ancien testament ou Torah ; le fleuve " Bermejo " fait allusion à la mer Rouge, origine des navigations ; le fleuve " Pilcomayo " serait en réalité Philco-Mayum, Philco en référence aux tisseurs et aux teinturiers phéniciens ( selon B. Graiver ) Magnum pour eau qui court, fleuve en araméen ; le fleuve " Apa " vient d'Apu, Abu Patriarca. Il existe dans la région d'autres noms qui suivent cette toponymie. Dans la province de Corrientes il y a un endroit qui s'appelle en langue indigène " Lito Cara " ( Pierre Carrée ) mais il est évident que lito vient du grec et veut dire pierre, d'autres comme " Overa " dans la province de Misiones, " Averia " fréquent dans le nord-ouest, ou Palmira et Carmelo sur la côte uruguayenne, sont d'origine cananéenne du moyen-orient ou viennent des Indiens Carios ( Guaranis ).

  En ce qui concerne le fleuve " Chubut " ou " Fleuve de Cananea " ou nommé à tort " Cananor ", on le trouve relié à la toponymie de la région, où Vespucci ne s'est évidemment jamais rendu et qu'il n'a pas baptisé. Colline de " Calfu Kir ", établissement fortifié de Calfu ; Cacique Caffarenna, " Pampa de Marrauf " ; " Montagne de Garraf ", noms d'origine arabe : " Pampa de Sacanan " maison de Canaan ; " Montagne de Jalalaubat ", ce toponyme se rencontre plus de quinze fois en Iran, en Syrie, au Pakistan, en Inde et en Afghanistan ; " Colline de la Ciguë " poison utilisé par Socrate ; " Yanquetruz " ; " Colline de Yankaneo " déjà expliqué dans les Juifs Rouges ; " Cacique Malikeo " signifie le roi ; " Montagnes Apas " signifie patriarche, etc. etc. Il est évident que ces toponymes ne sont pas d'origine américaine.

  Il est également possible que dans la carte fournie à M. Waldseemüller par Alberico Vespucci, le mot " Americ ou Amérique " ait été écrit, ce qui, selon Ricardo Palma dans l'ouvrage " Traditions Péruviennes " éditions Espasa-Calpe 1951, pages 28 à 30, correspondrait à des montagnes dans la province de Chontales au Nicaragua, d'où l'on extrayait l'or à l'époque précolombienne et qui signifie montagnes ou lieu où souffle le vent.

  D'après Alfredo Cardona Peña, dans " Conversaciones y semblanzas ", Editorial Universidad estatal a distancia, Costa Rica 1988, Amérika est un mot toltèque qui signifie pays avec des montagnes en son centre. Waldseemüller a pu confondre ce nom dans la première édition de sa carte en 1506, car il réalisa immédiatement une deuxième édition dans laquelle ce nom est supprimé. Il est donc possible que le nom du continent soit d'origine indigène.

  Nous avons l'avis d'Alexander V. Humboldt sur l'étymologie du mot Amérique qui dit en 1837 : « Les contemporains de Vespucci ont mal traduit le mot Amerigo de l'italien au latin en Alberico. La traduction correcte aurait du être Amalriccus. La preuve se trouve dans l'édition latine du voyage de Jehan Lambert en 1501 et dans l'Itinerarium Portugallensium publié en 1508 ».« .loin d'avoir un rapport avec son nom car à l'époque il n'existait pas en Europe, le nom Américo ou América pour un homme ou une femme. »

  Humboldt démontre ainsi que " Amerigo Vespucio " était connu à son époque comme " Alberico Vespucio " et que ce nom se transforma en " Américo " après que Waldseemüller ait transcrit le nom América et non Albérica sur la carte de 1506.

  Il est nécessaire de reproduire ici un paragraphe du livre de Fray de Espinosa de 1623 " Compendio y descripción de las indias occidentales " chapitre V-24 :
«  .comme le dit le doctissime D. Juan de Solórzano, magistrat émérite du Conseil des Indes, de Indiarum iure, fol 38 et 39, lib 1, ca 4, on doit tout appeler Colonie de Colon et non pas América. Et je ne sais pas sur quel fondement Américo Vespucio l'a usurpé, ce piètre marin qui n'a jamais navigué dans cette zone et qui n'a rien fait de remarquable pour que son nom passe à la postérité avec la gloire d'une telle découverte, car ce n'est pas lui qui l'a faite. »

  Personne ne pouvait connaître ce qui n'était pas encore découvert.

  Cela nous prouve que Vespucci était l'un des heureux détenteurs d'une carte précolombienne qu'il donna à Waldseemüller, et que ce dernier la copia avec le nom de América ( Americ ou Amérique ) qui était un toponyme de la carte, bien qu'ensuite il en réalisa une deuxième édition en supprimant le nom América, mais malgré cette correction le nom persista. Après une telle découverte, Vespucci non seulement ne publie pas sa carte mais il la donne à d'autres pour qu'ils réalisent leur propre copie. Voir également le titre de la carte de P. Apiano 1520.

  Il est possible que lors de ses contacts avec l'Ecole de Florence, A. Vespucci ait pu se procurer une carte d'Amérique grâce à l'un des moines allemands qui y travaillaient. C'est une possibilité mais il n'y a aucune preuve de cela.

  Bien qu'il ait placé Vespucci et sa carte dans une vignette et qu'il ait reproduit les toponymes qui y figuraient, y compris América, il semble que Waldseemüller n'ait pas entièrement fait confiance à Don Américo, et il dessine plus bas sur sa carte l'Amérique du Nord séparée de l'Amérique du Sud, suivant ainsi le modèle des cartes déjà publiées en 1502 par Cantino et Caneiro. Ces derniers présentent une Amérique du Sud séparée de celle du nord avec une toponymie abondante en partant de ce qui serait le sud du Brésil jusqu'au 42° sud, le fleuve Cananea ( fleuve Chubut ), ce qui est impossible en 1502 vu que personne n'avait navigué jusqu'à ces latitudes.

  Comme dit le " doctissime Juan de Solórzano ", je crois qu'il est inutile de s'étendre davantage sur le cas d'Américo Vespucci.

 


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A propos de l'auteur
Enrique García Barthe

 


Cet article est publié sur ce site avec l'accord de l'auteur.
Vous pouvez retrouver la version originale en espagnol et sa traduction anglaise sur le site de l'auteur :
http://www.enriquegarciabarthe.com.ar/     


 

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